Utilisation de l’uranium appauvri
En 1991, des munitions contenant de l’uranium appauvri sont utilisĂ©e lors de la guerre du golfe.
Le 4 octobre 1992, le Boeing 747-cargo d’El Al s’Ă©crase sur la citĂ© de Bijlmermeer près d’Amsterdam. Bilan, 43 morts. Les habitants de cette ville sont touchĂ©s par des symptĂ´mes comparables Ă ceux que connaissent aujourd’hui des vĂ©tĂ©rans de la guerre du Golfe. On sait maintenant que des avions de ligne contiennent de l’uranium appauvri : près de 7 tonnes d’uranium appauvri servent encore de lest aux avions d’Air France.
En 1995, ces munitions sont utilisées en Bosnie.
En dĂ©cembre 1995 et janvier 1996, l’ US Marine Corps lors de tirs d’entraĂ®nement, utilise ce type de munition dans la rĂ©gion d’Okinawa, au Japon. Des « regrets » sont exprimĂ©s au gouvernement japonais en 1997.
En fĂ©vrier 1999, l’US Navy largue, par erreur, des unitĂ©s de ces munitions sur l’Ă®le de Puerto Rico.
En avril 1999, ces armes sont utilisées au Kosovo.
En novembre 2000, un militaire Italien, Salvatore Carbonaro, 24 ans, meurt d’une leucĂ©mie dans un hĂ´pital de Pavie. Il a participĂ© aux opĂ©rations en Bosnie et aurait Ă©tĂ© en contact avec de l’uranium appauvri. C’est le 6e militaire italien qui dĂ©cède d’un possible « syndrome des Balkans ». L’information n’est rĂ©vĂ©lĂ©e le 2 janvier 2001, soit deux mois plus tard.
En rĂ©action, le prĂ©sident du Conseil italien, Giuliano Amato, annonce son intention de demander des explications Ă l’Otan sur les dangers de l’uranium appauvri.
Mobilisation des pays de l’U.E.
En janvier 2001, le ministre de la dĂ©fense annonce que 4 soldats français ayant servi en ex-Yougoslavie souffrent d’une leucĂ©mie.
En Suède, la prĂ©sidence de l’UE estime qu’il faut analyser les risques mĂ©dicaux.
Le pentagone minimise le danger et refuse d’enquĂŞter plus avant.
Des mesures effectuĂ©es par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) sur 10% des cibles atteintes par des obus Ă uranium appauvri au Kosovo, rĂ©vèlent que 8 d’entre elles sur 11 sont « considĂ©rablement contaminĂ©es » par de la radioactivitĂ©.
La commission mĂ©dicale spĂ©ciale, en Italie parle de « 18 cas suspects », dont 8 dĂ©cès. L’Italie est soutenue par la France dans dĂ©marche d’enquĂŞte auprès de l’Otan. Plusieurs cas de leucĂ©mie concernent des militaires français ayant servi en Bosnie (1994-1995).
Le 8 janvier, l’Allemagne et la Russie rĂ©clament Ă leur tour des Ă©claircissements Ă l’Otan. Gerhard Schröder exige un examen complet des sites visĂ©s. Moscou, de son cĂ´tĂ©, se prononce pour que l’Organisation mondiale de la santĂ© (OMS) dĂ©termine le niveau des risques.
Les membres de l’OMS dĂ©cident de multiplier les Ă©tudes pour dĂ©terminer si l’uranium appauvri est Ă l’origine du syndrome.
Le gouvernement britannique dĂ©cide enfin de lancer un programme d’examen. Le ministère de la dĂ©fense met en place un bilan Ă©pidĂ©miologique sur un an.
Le 24 janvier, l’assemblĂ©e parlementaire du Conseil de l’Europe a demandĂ© aux Etats membres de l’organisation d’interdire la fabrication, l’utilisation et la vente des munitions utilisant de l’uranium appauvri ou du plutonium. De plus, le conseil demande Ă l’Otan et Ă l’Onu de mettre en place un programme de surveillance mĂ©dicale des populations civiles dans les Balkans, des soldats qui ont participĂ© aux opĂ©rations, des membres des organisations humanitaires et des journalistes ayant travaillĂ© sur le terrain. Les parlementaires s’inquiètent notamment de la « diffusion des polluants dans l’atmosphère, les cours d’eau et le sous-sol » qui rĂ©sultent des opĂ©rations menĂ©es par l’Otan en RĂ©publique fĂ©dĂ©rale de Yougoslavie lors de la crise du Kosovo, en 1999.
En mĂŞme temps, Ă Bruxelles, le ComitĂ© rĂ©unissant 50 pays mis en place par l’Otan il y a deux semaines n’a dĂ©couvert aucune preuve d’un lien existant entre les munitions contenant de l’uranium enrichi et des cas de cancer.
Les soldats ayant participĂ© Ă des missions en Bosnie et au Kosovo – oĂą les Etats-Unis ont larguĂ© 40.000 bombes Ă uranium appauvri – ne sont pas tombĂ©s plus souvent malades que leurs collègues ayant servi ailleurs, a indiquĂ© le prĂ©sident de ce ComitĂ©, Daniel Speckhard. Selon l’Otan, il n’y a aucune preuve que l’uranium enrichi provoque le cancer.
Dossier réalisé par L.M., publié le 14 février 2001


