Qui est concerné ?
Il s’agit d’une contamination par de l’uranium appauvri (UA), une molécule radioactive toxique à la fois sur le plan chimique et radiologique. La contamination peut s’effectuer par contact au niveau d’une blessure (coupure, brûlure, écorchure…) ou par inhalation (particules fines). Les personnes concernées sont donc les militaires ayant utilisé des munitions contenant de l’UA et les populations locales présentes sur les lieux du conflit. Ces personnes ne sont pas contagieuses (il ne s’agit pas d’un agent infectieux).
Les radiations émises par les obus ne sont pas insignifiantes, mais le contact devrait être très prolongé pour qu’un effet puisse avoir lieu. En revanche, lors d’une explosion (comme l’éclatement d’un obus sur sa cible, ou le crash d’un avion), des poussières contenant de l’uranium appauvri peuvent êtres générées et inhalées par des personnes sur le lieu de l’explosion, ou après l’explosion si les poussières sont soulevées (vent, mouvements…).
Les maladies
ou plutôt les risques suite à l’exposition à l’uranium appauvri :
Bien qu’actuellement, l’ONU déclare que l’utilisation des munitions contenants de l’UA, n’aient pas d’incidences sur les populations locales et les militaires ayant participé aux opérations, l’Institut de Médecine (IOM) a été questionné sur les possibles conséquences de l’exposition aux diverses agents biologiques et chimiques utilisés durant la guerre du Golfe et des Balkans.
Effets sur les reins : Cet organe permet d’éliminer certaines toxines du sang. Des études scientifiques n’ont pas mis en évidence un effet sur les reins significatif. Cependant, plusieurs vétérans de la guerre du golfe ayant été au contact de l’UA ont contracté des problèmes rénaux.
Maladies respiratoires : L’ampleur des problèmes respiratoires dépend de la taille et de la quantité de poussière contenant de l’UA qui ont été inhalées. L’inhalation de fines particules de sable (comme on peut en observer dans le désert au sud et à l’est de la péninsule de l’Arabie Saoudite) contenant des oxydes d’uranium, combiné à d’autres facteurs pourraient avoir provoqués des affections de voies respiratoires.
Effets sur le système immunitaire : Plusieurs expériences sur des rats mettent en évidence une activation du système immunitaire après une exposition à l’UA. Pour le moment, il n’a pas été démontré d’effet statistiquement significatif sur les vétérans de la guerre du golfe.
Effets sur les organes reproducteurs : En 1997, les semences de 17 vétérans exposés et de 5 vétérans non-exposés ont été analysée. Des quantités élevées de radioactivité ont été trouvées chez 5 des vétérans exposés (aucune radioactivité sur les vétérans non-exposés). Cependant il faut noter qu’aucune naissance anormale n’a été détectée chez les vétérans exposés depuis 1991 (sur 20 naissances).
Cancer : Des expériences scientifiques sur des souris ayant été contaminé par de l’UA soit par intraveineuse soit par intramusculaire (ce qui correspondrait à la contamination possible par une blessure, coupure, écorchure…). De nombreux sarcomes (cellules tumorales) ont été observés chez ces souris. L’UA se concentrant dans les os, une augmentation des cancers des os est probable. De nombreux cancers ont une période de latence variant entre 20 et 30 ans. En conséquence, il est difficile d’évaluer l’impact du contact avec l’UA sur les vétérans de la guerre du golfe (10 ans) et encore moins sur ceux de la guerre des Balkans.


